Retables

Retables remarquables

 

L'église de la Trinité-Porhoët, située dans le Morbihan, est datée du XIe siècle et à sans doute été possession de l'ordre du Temple. Elle comporte au niveau du chœur un magnifique retable daté de 1675. Il représente l'arbre de Jessé et a été réalisé par des artistes Italiens en bois et terre-cuite.

Dans l'église Saint-Pierre des Moutiers en Retz, un retable grandiose également !

 

Voici ce que nous dit Émile Boutin(1) du grand retable de l'église saint Pierre, tiré de son ouvrage : « Les moutiers en Retz »

 

« Le retable.

 

« Vous avez remarqué que l'église est orientée – c'est à dire que l'autel est à l'est. D'ailleurs, en pénétrant dans le sanctuaire, vous avez été saisi par la semi-obscurité – le mur sud étant aveugle et ne possédant aucune fenêtre, en raison des tempêtes violentes. Toutefois, dans le choeur, une baie est ouverte au sud, donnant suffisamment de clarté pour guider vos regards vers le retable qui décore toute la partie orientale de l'église.

Actuellement, une minuterie vous permet d'illuminer ce chef d'oeuvre. C'est le triomphe de l'art baroque du XVIIe siècle par le décor exhubérant, la profusion des dorures et des couleurs. Ce grand retable comprend trois autels à tabernacle en bois doré. Pour le décrire, je ne peux mieux faire que citer le chanoine Russon :

« Très heureusement, l'artiste qui l'a conçu, au XVIIe siècle, a voulu surmonter à la fois les trois autels qui s'appuient sur le pignon de l'édifice : il a obtenu ainsi un effet prodigieux en couvrant d'un seul jet tout ce pignon.

« Si colonnes corinthiennes, posées sur leurs dés rectangulaires, soutiennent l'entablement, entablement grec complet : architrave, frise et corniche. Cet entablement se soulève au milieu, pour former un fronton, comme s'il était l'extrémité d'un toit. Au-dessus de ce bel ensemble architectural, l'architecte à placé trois niches, accostées de pilastres légers et de rampants en volutes, surmonté des traditionnels vases remplis de fleurs et des urnes flamboyantes. La niche du milieu, très large, encadre un relief assez plat, surmonté d'une décoration florale : trois cœurs, cantonnés de quatre anges, y figurent la trinité. Les niches latérales abritent la statue de la Vierge Mère et celle du pape saint Clément.

« Entre les trois parties de ce large retable, deux niches contiennent les statues de saint Pierre et de saint Paul. Celle-ci, en bois, est d'une noblesse remarquable. L'image de saint Pierre, plus récente, en tuffeau, n'est que la statue traditionnelle du porte-clés de l'église. »

Remarquez également que saint Pierre et saint Paul n'ont pas d'auréole, mais une coquille Saint-Jacques. N'oubliez pas que nous sommes sur le chemin de Compostelle.

Le motif principal de la décoration du retable est , évidemment, le tableau central. La « dation » - Les armoiries de l'église Saint-Pierre sont « d'or à une clé de sable » - des clés de saint Pierre fut placée sur l'autel en 1832.

[...]

Le tableau de droite représente saint Clément, protecteur des marins. Le pape, tiare sur la tête, est en chape. Il tient la croix à trois traverses, insigne de sa dignité. Ses pieds sont dans la barque de Pierre.

Dans un cartouche, est représentée une ancre de marine en souvenir du martyre de Clément. Sous Trajan, Aufidien fit périr de nombreux chrétiens. Il ordonna aux bourreaux de mener le pape Clément en pleine mer, de lui attacher une ancre au cou et de le jeter à l'eau pour que les chrétiens ne puissent récupérer son corps et honorer ses reliques. Clément est devenu l'un des saints patrons des pêcheurs.

Le tableau du rosaire, situé à gauche, est le plus beau des trois. Il représente la vierge et l'Enfant Jésus, remettant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Les quinze mystères du rosaire entourent la scène, formant quinze cartouches dont les « cuirs » caractérisent l'école maniériste. La date de 1631 indique sans doute la création de la confrérie « fut faicte, dans la paroisse du Bourg-des-Moutiers, par le révérend frère Raymond Quiboux, bachelier, par commandement de frère Gilles Damoux, docteur en théologie, maître général de la congrégation gallicane de l'Ordre des Frères Prêcheurs, au temps de Messire Julien Dudoit, recteur... »

En 1633, il y avait aux Moutiers 260 membres de la confrérie du Rosaire. Les dominicains étaient très actifs.

Le tableau du Rosaire, classé, a été restauré en 1971.

Me Jean Le Jau, qui avait initié le projet du retable en accord avec le curé et la prieure, et qui en avait financé partiellement la réalisation, ne le vit pas dans toute sa splendeur. En effet, commencée vers 1631, l’œuvre ne fut terminée qu'en 1862 et le Jau mourut en 1660.

En 1682, nous avons vu la prieure Marie Delabarre passer un marché avec « honorable homme Jean Boffran, maître sculpteur architecte, pour faire à neuf l'autel de l'église de la paroisse, moyennant mille livres ».

Au cours des siècles, des réparations furent faites au retable. Les principales furent consécutives aux dégâts occasionnés par la foudre en 1872. »

 

(1) Emile Boutin est né le 1er novembre 1919, passionné par l'histoire du Pays de Retz, il écrit plusieurs ouvrages dont certains ont reçu des prix de l'académie de Bretagne, de la Société académique ou de la Société des écrivains Vendéens. Cofondateur de la Société des historiens du Pays de Retz, il en a été le président pendant dix ans avant d'en être président honoraire. Il est enfin officier des Palmes académiques.

Le retable de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon date de 1634. Voir Abbaye Saint-Sauveur.

Eglise Saint-Gildas située à Auray et son retable daté de 1657, en marbre.