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Etranges Toulousains

Quel rapport peut-on trouver entre des personnages étranges, peu connus pour la plupart et tous nés à Toulouse ? C’est ce que Christian Attard nous propose de découvrir dans son ouvrage. C’est alors un florilège étonnant que nous offre l’auteur d’Etranges Toulousains. Nous découvrons progressivement des points communs et des liens qui nous emmènent dans le monde mystérieux des sociétés secrètes et discrètes, de la théosophie, de l’occultisme. C’est ainsi que le jour se fait sur Guillaume Brun médecin féru d’alchimie et conseiller royal du roi Louis XI, de Joseph Balsamo alchimiste à ne pas confondre avec celui qui se fera appeler un siècle plus tard Cagliostro, d’Alexandre du Mège pionnier de l’archéologie méridionale (parfois contesté), de la surprenante guérisseuse Anne Osmont, du Rosicrucien et hermétiste le vicomte de Lapasse, du mystique Victor Fumet qui fut l’élève et ami de César Franck, du mystérieux Georges Monti alias Marcus Vella agent double et occultiste, de l’inconditionnel occitan Maurice Magre dont la stèle commémorative se trouve sur les hauteurs de Montségur, et enfin du philosophe et écrivain Denis Saurat. Tout ceci est décrit avec la maestria dont nous a habitué Christian Attard, chercheur et écrivain brillant qui n’est pas avare de sources précises et détaillées. L’ambiance mise en valeur, est celle qui drape de mystère le milieu ésotérique de la fin du XIXe siècle, et on discerne aisément l’antichambre des sociétés secrètes que Béranger Saunière a pu fréquenter, point de départ évident des prémisses de l’affaire de Rennes-le-Château dont Christian Attard est indubitablement le spécialiste. C’est ainsi que dans les personnages cités dans ce livre on retrouve Otto Rahn dans sa quête du Graal, Hector Durville, Papus, Joséphin Peladan, Georges Gurdjieff, pour ne citer que ceux-là. On évoque également Fulcanelli et le Cabaret du Chat Noir que Victor Fumet fréquentait assidûment nous dit-on. Mais j’avoue un faible très certain pour la dernière partie de ce livre, riche en enseignements précieux, où brille une citation de Denis Saurat que Christian Attard dit faire un peu sienne et à laquelle je m’associe également avec émotion, bouquet final que je laisse le soin au lecteur de découvrir. En tout état de cause, nous ne pouvons que recommander la lecture de ce livre qui apportera, nous n’en doutons pas de nouveaux points de départ au lecteur curieux et aux chercheurs de vérité.


Jacques Hylae

Essentia Lucis

Inutile d'en dire d'avantage que ce que j'ai écrit dans la préface de ce très bel ouvrage, que je recommande vivement aux chercheurs et hermétistes :


"Mais il est temps après avoir entrouvert la porte, de parler de votre livre mon cher Jean-Marie. Cet ouvrage sera bien utile à tous, disais-je, tant sur le plan philosophique, hermétique, alchimique qu’historique. C’est en tout cas la réflexion que je me suis faite en le lisant avec attention et intérêt. Je sais, vous connaissant bien, combien vous avez œuvré, passant votre vie à travailler et à chercher des réponses. Après avoir parcouru le monde en passant par les îles au cœur d’enfant, jusqu’à l’île de Pâques ; exploré grottes et cavernes ; escaladé la montagne ; être descendu au plus profond de la terre dans les gouffres et rivières souterraines ; avoir admiré les tréfonds de la nature ; qui plus que vous, peut affirmer avoir exploré autant ce monde-là. Il en ressort votre étonnant sens de l’observation et votre capacité à visualiser ce que le regard de passage laisse de côté. Vous avez su mettre votre acuité au service des autres, et de cela on ne peut que vous en remercier. Je vous ai vu analyser des graffitis sur un mur, habituellement considérés comme tout à fait banals, et en tirer des explications que rien ne permettait de soupçonner. Logique donc que les secrets d’un édifice au caractère « philosophal » n’aient pas échappé à votre sagacité.

Une Demeure Philosophale oubliée, sans doute, dont vous avez su déchiffrer l’arcane parmi les inscriptions ainsi que les symboles abondants qui l’embellissent. Il est certain que vous avez fait là une belle découverte, indéniablement saluée par un maître, ce qui il faut bien le reconnaître, mérite toute notre attention. Là encore, je laisse le soin au lecteur de vous découvrir, car l’histoire, romancée est agréable et le déroulé de votre présentation s’effectue naturellement. Au gré des rencontres et des conversations que vous relatez, la vérité se fait jour et le roman devient une véritable courroie de transmission de la connaissance que vous avez acquise. La description de la science alchimique fait appel aux forces de la nature : aux éléments, aux cycles, aux deux grands luminaires, à la lumière, aux points cardinaux, aux saisons, aux astres. Mais au fil des siècles, les hommes ont aussi ancré dans leur mythologie ; leurs textes sacrés ; leurs dieux ; leurs saints ; des codes et des symboles, qui lorsqu’ils sont lus avec le cœur et en connexion avec Dieu, prodiguent une lecture profonde de la « Sainte Science » telle que la définit Pierre-Jean Fabre dans son « Alchymista christianus » en 1632. C’est ce que vous avez su voir en ce lieu que vous décrivez avec la passion que je vous connais, que dis-je, avec la fièvre du chercheur avisé.

Vous avez également mis le doigt sur l’essence même de la science alchimique, je veux parler de l’harmonie. C’est là la clé de voute de cette magie, qui elle seule permet d’organiser le chaos, et de réunir ce qui est épars. Comme le dis Nicolas Valois : "Celui qui comprend l'harmonie secrète de l'univers sait que le chaos n'est que l'ombre nécessaire à la lumière. L'alchimiste, en cherchant l'ordre dans le désordre, révèle la splendeur cachée dans chaque fragment du monde".


Jacques Hylae